Lignes
LIGNES propose une réinterprétation des contours frontaliers nationaux en déconstruisant le mode de représentation cartographique conventionnel, basé sur l’utilisation de tracés linéaires. Chaque ligne présente dans le projet constitue le contour de la frontière entre deux pays, extraite de la même carte du monde (projection cartographique Van der Grinten). Le plus de 300 tracés ainsi obtenus deviennent, en quelque sorte, la matière première avec laquelle explorer des nouvelles approches de représentation. Si le contour de la surface d’un pays ore une forme que nous est souvent très familière, il en va autrement de la ligne de démarcation qui le sépare de son voisin immédiat. Contrairement aux limites imposées par les mers et les océans, les frontières terrestres semblent bien souvent aléatoires, arbitraires et purement imaginaires. En les extrayant de leur contexte associé aux cartes, ces lignes perdent leur signifiant politique, culturel et géographique pour retrouver leur essence purement graphique. En exacerbant le caractère abstrait des frontières terrestres, cet exercice de décontextualisation invite à réfléchir aux implications que de simples lignes graphiques ont sur la dynamique géopolitique contemporaine et sur la vie de millions de personnes.
Prises individuellement, ces fines lignes délicates semblent fragiles, leur aspect presque évanescent évoque t’il la nature de ce qui les ont dessinés ?
LINES
LINES offers a reinterpretation of national border outlines by deconstructing the conventional mode of cartographic representation, based on the use of linear lines. Each line in the project constitutes the border between two countries, extracted from the same world map (Van der Grinten map projection). The more than 300 lines thus obtained become, in a way, the raw material with which to explore new approaches to representation. While the outline of a country's surface often presents a very familiar shape, the same cannot be said of the demarcation line that separates it from its immediate neighbor. Unlike the limits imposed by seas and oceans, land borders often seem random, arbitrary, and purely imaginary. By extracting them from their map-related context, these lines lose their political, cultural, and geographical significance to recover their purely graphic essence. By highlighting the abstract nature of land borders, this exercise in decontextualization invites us to reflect on the implications that simple graphic lines have on contemporary geopolitical dynamics and on the lives of millions of people.
Taken individually, these delicate, thin lines seem fragile; does their almost evanescent appearance evoke the nature of that which drew them?