Cet obscur objet du désir

2024. Graphite, feuille d’or, pigments sur papier

Reprenant le titre d’un film de Luis Buñuel, cette série s’articule autour de figures humaines semblant prises dans l’emprise de masses obscures et indéterminées. Ces présences noires, compactes et envahissantes, exercent une pression silencieuse qui paraît peser sur les corps, comme si une force invisible venait perturber leur équilibre ou leur autonomie.

Présentés sous forme de polyptyques, les dessins déploient une tension entre apparition et disparition. Dans chacun d’eux, l’une des feuilles est entièrement occupée par une forme noire, dense et opaque, qui sature la surface du papier. Cette masse agit comme un contrepoint aux figures fragmentées qui apparaissent sur les autres feuilles : elle constitue à la fois un obstacle visuel, une zone d’ombre et un espace de projection.

L’ensemble évoque ainsi un rapport de domination ou d’emprise, où la figure humaine semble menacée d’engloutissement par une présence abstraite et massive. Entre figuration et abstraction, ces polyptyques explorent la manière dont une forme minimale peut suggérer une charge symbolique et affective, laissant au regardeur la possibilité d’y projeter ses propres interprétations.

THAT OBSCURE OBJECT OF DESIRE. Graphite, gold leaf and pigments on paper

Taking its title from a film by Luis Buñuel, this series revolves around human figures seemingly caught in the grip of dark and indeterminate masses. These black, compact, and invasive presences exert a silent pressure that appears to weigh down the bodies, as if an invisible force were disrupting their balance or autonomy.

Presented as polyptychs, the drawings unfold a tension between appearance and disappearance. In each one, one sheet is entirely occupied by a dense, opaque black form that saturates the paper's surface. This mass acts as a counterpoint to the fragmented figures that appear on the other sheets: it constitutes simultaneously a visual obstacle, a zone of shadow, and a space for projection.

The whole thus evokes a relationship of domination or control, where the human figure seems threatened with being swallowed up by an abstract and massive presence. Between figuration and abstraction, these polyptychs explore how a minimal form can suggest a symbolic and emotional charge, leaving the viewer the possibility of projecting their own interpretations onto it.